Le snowboardeur Ueli Kestenholz n'a pas survécu à une avalanche
Toutes nos pensées vont à la famille et aux proches
SPEED RIDING À LA JUNGFRAU
Premier snowboardeur suisse de l’histoire à recevoir une médaille olympique à Nagano en 1998, puis double champion du monde, le freerider bernois Ueli Kestenholz est aussi un des pionniers du speed riding dans le pays. Parmi ses souvenirs fétiches figure celui de sa première descente de la mythique Jungfrau, skis aux pieds et parapente dans le dos.
«Descendre une pente en speed riding, ça donne un peu l’impression d’être un héros de jeux vidéo doté de super-pouvoirs, s’amuse Ueli Kestenholz. Dès que tu rencontres un obstacle, crevasse, sérac ou falaise, tu t’envoles. En fait, c’est du freeride en 3D!» Le Bernois est un adepte de ce sport extrême – également connu sous le nom de speed flying – depuis 2006. Il en est d’ailleurs l’un des pionniers en Suisse. Ce «mix génial» lui a permis d’allier ses passions pour la glisse hors-piste et le parachute «dans le respect de la montagne». «Le speedriding permet d’avaler des pentes autrement inaccessibles», rappelle le quadragénaire. Au menu passé de cet addict à l’adrénaline, notamment: la trilogie Fründenhorn-Mat’s Line-Doldenhorn, la face nord du Cervin, l’élégante pyramide blanche du Silberhorn et surtout sa voisine: la mythique Jungfrau (4'158 m).
«Pas un sport de têtes brûlées!»
«Ce spot est rarement en condition, souligne Ueli, mais cette fois-là tout était parfait, sauf peut-être la neige un peu dure. On avait du soleil et, surtout, aucun vent!» En matière de speed riding, Éole peut en effet être un adversaire redoutable: s’il est trop capricieux, il peut plaquer violemment le skieur contre le relief. «Le speed riding ne tolère que peu de mauvaises décisions…», assène Ueli — tout en démentant qu’il s’agisse d’un sport de têtes brûlées, comme d’aucuns l’affirment à chaque accident. Le Bernois souligne préparer méticuleusement chacun de ses rides. A chaque plan A fait écho un plan B. Quant à la voile, elle est conçue de manière à s’éloigner de la pente dès que nécessaire. «Et puis, on ne fait de tort à personne; on ne met personne d’autre en danger».
5 minutes pour dévaler 3'400 m
Skateboard, snowboard, planche à voile et même kitesurf: tout est bon pour aiguiser ses réflexes avant de s’attaquer à pareil défi. La vidéo de la descente en montre vite la nécessité. Sur ces images, l’ex-médaillé olympique slalome littéralement entre les crevasses, les barres rocheuses et les séracs, avant d’atterrir dans un champ verdoyant du côté de Lauterbrunnen, quelque 3'400 m plus bas — dans cette vallée si souvent parcourue depuis son enfance, passée à Thoune. Objectif atteint: «rester sur la neige le plus possible et en l’air seulement lorsque cela est strictement nécessaire»! S’il n’avait fallu rejouer plusieurs fois certaines «scènes» pour les besoins du vidéaste, Ueli aurait sans doute bouclé son run en cinq minutes. Lors de telles descentes, la vitesse peut en effet friser par moment les 150km/h! Une jolie pub vivante pour celui qui, aujourd’hui, propose des vols de speed riding en tandem aux amateurs de sensations fortes à travers sa société vipTandem. VIP comme Very Important Paraglider. Une expérience unique, assurément.